Fortune Magazine: la lutte de pouvoir en Chine pour l’économie 

2012-06-18 16:41

 

L’article de « Fortune » analysait qu’avant la mise à l’écart de Bo, il y avait trois factions luttant pour le pouvoir économique au sein du prochain gouvernement.

La faction populiste de Bo Xilai était indifférente à  l’extension de  l’état de droit et  davantage intéressée par une politique économique « ultra-égalitaire » visant à redistribuer les richesses et à accroître le rôle de l’état dans l’économie.

Les « étatistes » quant à eux,  croient au  statu quo, avec un gouvernement contrôlant de près la position dominante de l’économie chinoise.

Le troisième groupe sont les réformateurs économiques, qui ont posé  leur marqueur avec la sortie publique d’un rapport de la banque mondiale appelé « Chine 2030 »- un plan du type de réformes économiques dont le pays a urgemment besoin.

Chen Xiaonong, Un chercheur invité aux États-Unis, pense que la différenciation de ces trois factions est basée sur trois points de vue différents.  La plupart des membres de la faction populiste de Bo Xilai sont des gauchistes. Ils aiment s’asseoir et débattre des principes généraux.

[Cheng Xiaonong, Chercheur invité aux États-Unis] :
« Ces trois factions existent effectivement mais la ligne de démarcation n’est pas si claire. Autrement dit,  il est difficile de déterminer si une personne appartient à l’une de ces trois factions. La différenciation dépend des différents points de vue et non des individus. »

L'article citait l’opinion d’avocats, quiconque est familier avec Bo Xilai sait qu’il ne veut que le pouvoir et ne tient pas  compte de la loi. Yang  Rong était un des plus grands actionnaires d’une grande usine automobile en Chine. Lorsque Bo Xilai était gouverneur de la Province du Liaoning, il s’est approprié 700 millions de dollars appartenant à Yang Rong. Par la suite, Yang Rong a été contraint de s’enfuir aux États-Unis.
Lorsque Bo Xilai gouvernait Chongqing, il a attaqué ses opposants politiques au nom d’éliminer la corruption et de réprimer les gangsters. Des patrons d’affaires privées ont été salis et traités de gangsters devenant la machine à billets de Bo Xilai.

Plus tôt cette année, Bo Xilai était en discussions avec les « étatistes » quant aux contours du prochain gouvernement. Les réformateurs économiques feraient partie de « ceux à éliminer » selon une source au courant des négociations.

On peut aussi lire dans l’article de “Fortune” que la mise à l’écart de Bo Xilai est un signe porteur d’espoir, qui montre que la faction des « réformateurs économiques » dirigée par Li Kegiang et Wang Yang est en train de gagner de l’influence. Que l’homme qui pourrait être le prochain Président de la Chine, Xi Jinping, ait aussi une inclinaison pour la réforme reste une question critique. Mais pour l’instant, la « nouvelle gauche populiste » de Bo Xilai, qui se souciait peu de faire avancer la Chine vers l’état de droit mais était plutôt pour la redistribution des richesses et leur propre bénéfice, bat en retraite.  

Selon un PDG d’une entreprise étrangère, l’aile de la réforme économique est ascendante, et est engagée avec les étatistes dans une lutte pour le contrôle de chaque département économique clé. Ce PDG a eu des réunions de haut-niveaux avec le gouvernement chinois à la mi-mai.Le commentateur d'actualités Caoan Jushi pense que les « libéraux » ont déjà remarqué que la faction populiste de Bo Xilai pourrait conduire la Chine au « militarisme ». Ils veulent promouvoir la réforme politique et économique afin de renverser l’effondrement graduel de l’économie chinoise.

[Caoan Jushi, Commentateur d'actualités] :
« C’est une bonne chose que les libéraux espèrent que la Chine puisse avancer vers la libéralisation. Toutefois, dans un environnement politique aussi sévère dirigé par le PCC,  les libéraux ne sont pas assez puissants pour conduire la Chine vers  la libéralisation. Je crois cependant que les libéraux en Chine  seront de plus en plus puissants après le 18ème Congrès national. Les idées du libéralisme vont graduellement infiltrer  les domaines politique et économique. »

On peut lire à la fin de l’article : « Difficile de dire comment cette lutte va tourner, mais les enjeux ne pourraient être plus élevés. Comme le montrent les récentes données économiques de la Chine,  le temps de la croissance débridée pourrait bien prendre fin.  La production industrielle et les exportations sont en chute brusque. »

Selon Caoan Jushi, du fait du monopole économique et politique, différents groupes d’intérêt sont entremêlés. C’est le plus grand obstacle pour mettre en œuvre les réformes politiques et économiques en Chine. La clé pour réaliser la réforme et le développement en Chine est de casser le monopole du PCC et ces groupes d’intérêts entrelacés.

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