Un squelette de dinosaure vendu au marché noir 

2012-07-05 19:52

 

Derrière cette porte, les policiers prennent des mesures inhabituelles. À l’intérieur de cette caisse se trouve un squelette vieux de 70 millions d’années. Au début du mois, les ossements ont été mis aux enchères, ce qui a éveillé les soupçons des autorités américaines. Ils ont dû faire appel à  un célèbre spécialiste d'Edmonton.
  
[Phil Currie, Paléonthologue, Université d'Alberta]:
 « Nous avons bien sûr photographié et mesuré le squelette à New York »

 Et il appartient à un Tarbosaurus.
Ce dinosaure est le cousin du très célèbre Tyrannosaure Rex. L’espèce n’avait jamais été mise au jour dans les riches fossiles de la Mongolie. Et depuis les années 1920, il est illégal de les exporter. Phil Currie était responsable des fouilles organisées dans ce pays depuis 15 ans.
Il affirme que malgré l’interdiction, l’industrie du braconnage est en plein essor.

[Phil Currie, Paléonthologue, Université d'Alberta]:
«Parfois dans le pire des cas, vous marchez sur une pile d’ossements. Ici, ils y ont été carrément à coups de pioche, jusqu’à ce qu’ils trouvent des griffes et des dents. Parce que cela a une très grande valeur pécuniaire. » 

Des documents de justice montrent que lorsque le squelette a été importé, les papiers de la douane spécifiaient qu’il provenait de Grande-Bretagne. Il était écrit que le squelette appartenait à un reptile qui vaut près de 15000 dollars. Lors d’une enchère aux Etats-Unis, il s’est vendu à un million de dollars. Mais avant que le nouveau propriétaire ne puisse en prendre possession, les autorités américaines l’avait saisi.

[Robert Painter, Avocat]: 
«Grâce aux preuves que nous possédons des autorités juridiques mongoles et américaines, nous sommes certains que le résultat sera le même. Le dinosaure retournera en Mongolie. »

Currie dit qu’il est heureux de voir que les États-Unis prennent cette affaire aussi sérieusement. 


 [Phil Currie, Paléonthologue, Université d'Alberta]:
« Premièrement, c’est illégal, et deuxièmement c’est fait de manière artisanale. Cela détruit les spécimens. »


Il pense que cette affaire pourra rendre les gens plus conscients de l’existence d’un marché noir des ossements. Et il espère que cela suscitera une meilleure compréhension sur l’importance d’étudier et de préserver ces vestiges du passé.