La Russie et la Chine condamnées pour leur véto à la Résolution sur la Syrie  

2012-07-20 16:27

 

Les ambassadeurs des pays occidentaux qui ont poussé à une résolution des Nations unies sur la Syrie ont vivement réagi jeudi après que la Russie et la Chine aient opposé leurs vétos à la mesure qui aurait menacé les autorités syriennes de sanctions s’ils ne cessaient pas d’utiliser des armes lourdes contre un soulèvement et ne retiraient pas leurs troupes des  villes et des agglomérations.

C’était la troisième  fois que la Russie, un allié clé du gouvernement syrien, et la Chine utilisaient leur pouvoir de véto pour bloquer des résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies,  conçues pour  faire pression sur le Président  Bachar al-Assad et arrêter la violence dans le conflit de 16 mois qui a fait des milliers de victimes.

La résolution mise en véto, qui aurait prolongé la mission d’un observateur des Nations Unies en Syrie de 45 jours, a reçu 11 votes pour, tandis que l’Afrique du Sud et le Pakistan se sont abstenus.

L’Ambassadeur britannique aux Nations Unies Mark Lyall Gant a dit au conseil qu’il était « effaré » par les vétos de la Russie et de la Chine.

[Mark Lyall Gant, Ambassadeur britannique aux Nations Unies]:
« Plus de 14 000 syriens innocents ont été tués depuis que la Russie et la Chine ont soumis leur premiers vétos à nos efforts pour endiguer la violence en octobre dernier. Depuis lors le régime a intensifié son usage des armes lourdes dans les centres de la population, y compris l’usage de l’artillerie et les tirs d’hélicoptères. Plus de 100 civils sont tués chaque jour. »

Son homologue français, Gérard Araud, a dit que des propositions d’actions fortes des Nations Unies sur la Syrie ne seraient pas dissuadées.  Il a aussi fait la liste de ce qu’il a dit  être le prix que la Syrie paye pour la résistance continue de la Russie et de la Chine à une action plus forte contre le régime Syrien.

[Gérard Araud, Ambassadeur français aux Nations Unies]:
« Monsieur le Président, j’avais espérais ne pas avoir à énumérer cette litanie funèbre. Le 4 octobre 2011, la répression en Syrie faisait déjà 3000 morts.  La Russie et la Chine opposaient leur premier véto à l’action du conseil. Le 4 février 2012, 6000 Syriens étaient tombé sous les coups du régime, et la Russie et la Chine opposaient leur deuxième véto a l’action du conseil. Aujourd’hui, 19 juillet, ce sont 17 000 morts - des hommes, des femmes, des enfants que nous pleurons avec le peuple syrien. Et la Russie et la Chine viennent d'opposer un troisième véto à l’action du conseil. »

L’ambassadrice américaine Susan Rice a aussi vivement critiqué le rôle qu’ont joué la Russie et la Chine en bloquant l’action plus forte du Conseil de sécurité.

[Susan Rice, Ambassadrice américaine aux Nations Unies]:
« Le Conseil de Sécurité a totalement échoué dans sa tâche la plus importante  à son agenda de cette année. C’est encore une journée noire dans la Baie de la Tortue. On peut seulement espérer qu’un jour, avant qu’encore trop de milliers de personnes ne  meurent, la Russie et la Chine cesseront de protéger Bashar al-Assad pour jouer leur propre rôle au centre de la réponse internationale à la crise en Syrie.»
    
Le conseil de 15 membres a encore le temps de négocier une autre résolution sur le sort de la mission non armée, avant que son mandat initial de 90 jours n’expire vendredi à minuit.

La Grande Bretagne, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis proposaient dans la résolution mise en véto que le plan de paix en six points de  l’envoyé international  Kofi Annan soit placé sous le Chapitre  7 de la Charte des Nations Unies, qui permet au  conseil d’autoriser des actions allant de sanctions diplomatiques et économiques à une intervention militaire.
     
Les membres occidentaux du conseil ont dit qu’ils discutent d’une menace de sanctions sur la Syrie, et non d’une intervention militaire. Leur résolution mise en véto contenait une menace de sanctions spécifiques si les autorités syriennes ne cessaient pas d’utiliser des armes lourdes et ne retiraient pas les troupes des villes et agglomérations dans un délai de 10 jours.